TY 50 YAMAHA : Le tout terrain en culottes courtes

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moto_revue_2296_1Devant le succès rencontré par ses machines de Trial 250 et 125 cc T.Y., Yamaha n'a pas attendu bien longtemps pour enrichir sa gamme d'un troisième véhicule de ce type. Cependant, plutôt que de mettre sur le marché une grosse 350 cc destinée à quelques spécialistes, le constructeur nippon a préféré jouer une carte infiniment plus populaire en proposant un 50 cc à pédales.

Un cyclomoteur, en l'occurrence. Mais qui hérite de tous les perfectionnements qui ont fait le succès de la gamme TY. L'ultime version du TY 50 reçoit la nouvelle décoration de réservoir apparue sur les TY lors du récent Salon de Paris. L'ensemble est esthétiquement réussi et semble connaître un succès croissant auprès des jeunes amateurs de tout-terrain. Il n'en fallait pas plus pour justifier un essai complet de ce cyclo trial particulièrement attirant.

Article du Moto Revue numéro 2296 du 16 décembre 1976 par A. Kuligowski

 

 

Trail ou trial ?


moto_revue_2296_2Esthétiquement le TY 50 ressemble donc, en miniature aux : célèbres 125 et 250 TY Yamaha. On retrouve le même mariage heureux de gris métallisé, de blanc et les traits de suspension sur le réservoir. En vérité, même si techniquement le 50 cc apparaît très différent de ses grandes sœurs, il s'inscrit merveilleusement bien dans la lignée TY.

On retrouve ainsi un cadre double berceau tubulaire doté d'une robuste poutre centrale, sous le réservoir.

L'arrière du châssis est fortement rigidifié par deux tubes reliant l'arceau postérieur au tronc commun d'encrage moteur. Côté suspension, nous trouvons une belle fourche téléhydraulique dotée de tubes de 27 mm de diamètre, mais dépourvue de soufflets de protection. Le débattement de 110 mm n'est pas extraordinaire mais suffisant étant donné la hauteur générale de ce cyclo. A l'arrière, nous trouvons des amortisseurs hydrauliques avec ressorts chromés et débattement de 95 mm. Il existe 3 positions de réglage. Les roues sont bien sûr de taiIle réduite. C'est ainsi que les jantes en acier au diamètre de 18" à l'avant et 16 à l'arrière héritent de pneumatiques type trial au diamètre respectif de 250 et 300.

 

Autolube et clapets


Le moteur, un monocylindre deux temps vertical reste bien dans la tradition Yamaha. Il est donc pourvu de tous les perfectionnements offerts par la firme aux trois diapasons sur les cylindrées supérieures. A commencer par le graissage par pompe séparée autolube. Pas besoin de faire le mélange : le moteur s'en charge. Il suffit de mettre l'essence dans le réservoir (contenance 4,7 litres) et l'huile dans le second réservoir de 1,2 litres placé sous la selle. En outre, il convient de remarquer que l'admission utilise le système « torque induction ». Des clapets dosent le mélange (air-essence) admis à l'accélération, ce qui augment considérablement la souplesse.

La cylindrée exacte de 49 cc est obtenu par un alésage de 40 mm pour une course de 39,7 mm. Comprimé à 5,7 : 1, ce moteur délivre 2,71 CV à 5 000 tr/mn. Le couple maxi s'établit à 0,40 kg/m au régime de 4 500 tr/mn.

L'allumage est réalisé par l'intermédiaire d'un classique volant magnétique.

La boîte de vitesses à quatre rapports est commandée par sélecteur, au pied gauche. Comme sur les autres Yamaha, on démarre éventuellement vitesse enclenchée, simplement en débrayant. La mise en route s'effectue par kick, un kick- à la forme torturée, situé côté droit.

 

Bonne vocation T.T.


L'équipement général confirme la vocation tout-terrain de ce 50 Trial. C'est ainsi que l'échappement est parfaitement réalisé. A l'image des autres TY, il occupe une position supérieure, passant sur le flanc droit de la machine. La protection calorifique est assurée par une grille émaillée blanc, et est fixée par trois vis. Le bruit quant à lui est encore atténué par un petit silencieux cylindrique fixé à l'extrémité du pot.

Le filtre à air placé à l'abri des projections diverses reçoit une cartouche de mousse polyuréthane. Cette cartouche hérissée de poils de protection, comme le « nez de gégène », doit toujours être imbibée d'huile moteur SAE 30. Mais l'accès au boîtier n'est pas très aisé, car il passe par la dépose du réservoir d'huile.

Sous le moteur, les carters apprécieraient la protection d'un sabot, hélas absent ici.

Par contre, nous avons apprécié la béquille latérale bien conçue, de même que le garde-boue avant en plastique souple placé à ras la roue.

L'ensemble de l'équipement est complété par un compteur kilométrique avec voyant de point mort, une selle « presque bi-place » et un feu arrière en caoutchouc souple. Tout à fait TY.

Le siège plus « trail » que trial doit permettre, puisqu'il y a des repose-pieds passager, d'emmener un copain. Mais attention, la loi exige qu'il ait moins de 14 ans et qu'il porte un casque, même en agglomération.

Au guidon, nous retrouvons tous les instruments de commande indispensable y compris un rétroviseur et un bouton de clignotants lesquels brillent par leur absence. Ils auraient pourtant été bienvenus en conduite urbaine.

 

Contact


moto_revue_2296_3Contact ! Et oui, ce cyclo possède une clef de contact qui met en service, par l'intermédiaire d'un barillet placé derrière le compteur, une petite batterie de six volts. En vérité cette batterie étant donné l'absence de clignotants ne sert qu'à alimenter le feu de stop arrière.

A froid, il convient de mettre le starter situé sur le carburateur : un Taikei de 14 mm de diamètre.

Le premier coup de kick provoque une surprise. En effet, la compression réduite et la faible démultiplication du mécanisme donnent l'impression de « kicker dans le yaourt ». Après quelques essais on s'accoutume à cette faible résistance et le moteur démarre sans difficultés. La position de conduite est correcte, pour autant que le pilote ne soit pas un x géant de plus d'un mètre soixante ». Bien sûr, un adulte prendra facilement place sur cet engin, mais il se sentira un peu étriqué. Le guidon au galbe davantage tout-terrain que trial, est excellent. On apprécie également le très intelligent système de pédalier, lequel tout en conservant la possibilité d'actionner la roue arrière se bloque en un tournemain pour se transformer en repose-pieds très bien conçus.

Seul petit reproche : le caoutchouc des pédales est trop sec, et trop lisse. Conséquence, les semelles des pilotes glissent facilement, surtout en tout-terrain, lorsqu'elles sont humides ou boueuses.

Malgré sa taille réduite, la TY 50 est en fait une authentique TY pour les moto-verdistes en culottes courtes.

En ville, ce petit 50 TY s'avère un véritable régal. Sa légèreté : 78 kg, son faible rayon de braquage lui permettent de se faufiler comme l'anguille dans le filet. En outre, le moteur, au demeurant particulièrement silencieux, avoue un solide tempérament. De bonnes accélérations permettent d'accrocher très rapidement le quatrième rapport et d'atteindre une vitesse qui nous a paru assez supérieure aux 45 km/h réglementaires... Bien sûr, ce moteur est bridé à haut régime, toutefois le constructeur a su exploiter au maximum la plage utilisable en conférant à cette mécanique un punch bien sympathique. D'autant plus sympathique d'ailleurs que la souplesse à bas régime est très supérieure à la moyenne. Ah ces clapets ! La boîte de vitesse est parfaitement étagée. A l'évidence, nous ne sommes pas ici en présence d'une boîte trial. En effet, il n'y a pas de trou entre les différentes vitesses et les deux premiers rapports ne sont pas particulièrement courts. C'est un avantage en ville, mais ce sera, nous le verrons plus loin, un petit handicap tout-terrain, et en trial en particulier.

L'embrayage est d'une douceur extrême et, même sollicité à l'extrême avec un essayeur d'un poids respectable (75 kg à vide) , il n'a donné aucun signé de fatigue. Par contre, nous n'avons pas beaucoup apprécié la situation du point mort, lequel se trouve tout en bas, sous la première. En cas de besoin, lorsque l'on rétrograde à la volée, il est bien réconfortant de savoir que l'on va trouver la première en fin de course. Ici, on trouve le point mort et cela surprend au début. Là encore, heureusement, on s'habitue. Au surplus, le freinage confié ici à des tambours de 110 mm (hérités des 125 cc), s'avère d'une puissance parfois redoutable. Sur le sec, cela procure des décélérations fantastiques (7 m à 35 km/h). Par contre, sur sol humide ou gras, la section réduite des pneus trial assure une adhérence limitée. On glisse ou dérape facilement, Aussi vaut-il mieux se montrer circonspect en actionnant le Ievier de frein avant ou la pédale du tambour arrière.

Pour en terminer avec le bilan urbain, remarquons la très satisfaisante sobriété du moteur. Celui-ci, même utilisé au maximum de ses performances ne consomme jamais plus de 3,5 litres aux 100 km.

 

Et le trial ?


Présenté comme une réplique des célèbres TY 250 et 125 cc, le 50 TY se devait, bien sûr, de nous emmener en tout-terrain. Là encore ce petit engin nous a surpris par son étonnant comportement. Bien sûr, la taille et le poids de l'essayeur ont joué en défaveur de ce 50 cc qui doit être nettement plus adroit, en côtes notamment. En vertu de l'adage selon lequel « qui peut le plus peut le moins », on peut d'ores et déjà affirmer que le 50 TY est un sacré petit engin de tout-terrain.

Toutefois, une réserve s'impose. Même avec un pilote de 14 ans pesant 45 kg, ce 50 TY n'est pas vraiment un cyclo trial. En effet, la géométrie du cadre, la position de conduite et l'étagement de la boîte de vitesses le placent davantage dans la catégorie des trails sportifs. Toutefois, avec un pignon de sortie de boîte possédant une dent de moins, ce 50 TY se tire fort honorablement de certains non-stop déjà corsés. Par contre, équipez-le de pneus cross et il apparaît comme un 50 cc cross parfaitement dans Ie coup. Plus encore, grâce à sa selle plus longue et plus confortable qu'une selle trial et grâce à son équipement électrique, il peut permettre à son propriétaire de faire de l'enduro.

Ce 50 TY n'est donc pas excessivement marqué par son hérédité trial. En fait, il apparaît comme une excellente machine d'initiation, à l'aise dans toutes les spécialités du tout-terrain.

Dans ce domaine, nous avons là aussi apprécié sa maniabilité, la souplesse du moteur, les performances intéressantes et l'agrément de conduite. Soumis à rude épreuve par des néophytes le moteur a fait preuve d'une grande constance de performances. Ici encore, le graissage séparé, l'admission à clapets et la possibilité de démarrer sur toutes les vitesses ont joué en sa faveur, Par contre, nous aurions aimé des pédales plus accrocheuses sous la semelle.

Il convient également de signaler que les amortisseurs manquent un peu d'amortissement. A l'évidence, le système hydraulique est plus que rudimentaire et, bien vite, ce sont les ressorts qui assurent seuls la suspension.

A, l'avant, par contre, la fourche ne mérite aucune critique. Tout en filtrant bien les inégalités elle s'avère suffisamment progressive. Seul l'excès de poids d'un conducteur trop lourd arrive à la faire talonner.

 

Conclusion


moto_revue_2296_4Malgré son appellation Trial, le TY Yamaha apparaît donc davantage comme un trail sportif que comme une authentique « dévoreuse de non-stop ».

Finalement, ce n'est pas plus mal puisque cela se traduit par une remarquable adaptation aux différentes disciplines tout-terrain qui fait de cet engin un excellent cyclo d'initiation tout-terrain pour les cadets comme pour les dames.

Entrant dans la catégorie cyclo, sans pour autant être pénalisé par des pédales fixes ou des performances trop bridées, il fait preuve d'une intéressante polyvalence qui lui permet d'être aussi à l'aise en usage urbain que sur terrain varié, Au surplus, un prix de vente très compétitif et des dimensions réduites le mettent à la portée de toutes les bourses et de tous les modes de transports. Voilà qui fera oublier quelques défauts qui tiennent en peu de mots : absence de sabot de protection, amortisseurs peu amortis, pédales glissantes et kick déconcertant.

Maniabilité, légèreté, docilité sont les principales qualités du TY 50 qui peut être mis entre toutes les mains ...


Fiche technique du 50 TY Yamaha


Moteur :

  • Type et nombre de cylindres : TY 50 monocylindre
  • Cycle : deux temps
  • Refroidissement : par air
  • Alésage : 40 mm
  • Course : 39,7 mm
  • Cylindrée : 49 cc
  • Taux de compression : 5,7 : 1
  • Puissance : 2,71 ch
  • Régime : 5000 tr/mn
  • Couple maximum : 0,40 kq/m
  • Régime de couple max : 4500 tr/mn
  • Allumage : par volant magnétique
  • Source d'énergie : bobine
  • Batterie : 6 volts
  • Lubrification : par pompe séparée
  • Carburateur : Taikei
  • Diamètre de passage des gaz : 14 mm de diamètre
  • Démarrage : par kick
 
Transmissions :
  • Type : bloc moteur boîte 4 rapports en prise constante
  • Transmission primaire : par engrenage
  • Rapport de démultiplication primaire : non communiqué
  • Transmission secondaire : par chaîne
  • Rapport de démultiplication secondaire : 4,091 (11 X 45)
  • Rapports internes de boîte :
    • 1ère : 3,250
    • 2ème : 2,000
    • 3ème : 1,428
    • 4ème : 1,125

Partie cycle :
  • Cadre : double berceau tubulaire
  • Angle de la colonne de direction : 61°
  • Angle de braquage : 94°
  • Chasse : 101 mm
  • Suspension avant : téléhydraulique
  • Débattement : 110 mm
  • Suspension arrière : amortisseurs téléhydrauliques
  • Débattement : 95 mm
  • Réglage de dureté : 3 positions
  • Freins : à tambours
  • Avant : simple came
  • Diamètre du tambour : 110 mm
  • Arrière : à tambour
  • Diamètre du tambour : 110 mm
  • Largeur des garnitures : 25 mm

Roues :
  • Jantes : acier
  • Pneu avant : 2,50 X 18
  • Pneu arrière : 3,00 X 16

Dimensions principales :
  • Longueur hors tout: 1 810 mm
  • Largeur hors tout : 775 mm
  • Hauteur hors tout : 975 mm
  • Hauteur de selle : 720 mm
  • Empattement : 1 190 mm
  • Garde au sol : 200 mm
  • Poids à sec : 78 kg

Capacités :
  • Réservoir d'essence : 4,7 litres
  • Réservoir d'huile : 1,2 litre
  • Carter moteur : 500 cc SAE 10 W /30

Prix : 3173 F, clefs en mains